BARRY Jacques - Sans titre

Estampe, s. d., H. 70 x L. 100 cm
N° VII/VIII
Collection : GAC
Numéro d'inventaire : GD.2016.24
Don de M. Jacques Barry.

J'ai trop de succès, je suis déjà empruntée ! Bientôt de retour...


Jacques Barry, né en 1943, vit et travaille à Saint-Étienne (42) et Paris. De 1972 à 2006, il fut enseignant à l'école des Beaux-Arts de Saint-Étienne sans pour autant négliger son travail de peintre. L'oeuvre de Jacques Barry s'articule autour de signes très épurés s'approchant des pictogrammes (images simplifiées). Telle l'esquisse, cette peinture cherche à aller au plus simple, à la forme minimale mais suffisante pour être aisément reconnaissable par tous. Le geste et les coups de pinceau sont vifs. Jacques Barry oblige le spectateur à se demander si ce qu'il voit est bien ce qu'il voit. Préoccupé par des questions de forme avant tout, il recherche un langage direct avec une peinture sans fioritures, débarrassée du poids des « impératifs historiques(1) ».

(1) Dès ses débuts, Jacques Barry se détache des courants majoritaires tels la Figuration narrative, Supports-Surfaces et B.M.P.T. Il aborde la peinture muni du seul désir de faire du neuf et de mettre en place son propre langage. Il ne veut être ni un « suiveur » ni un « suivi ». Il ne veut pas d'un sujet comme le nu qui participe encore à une tradition picturale.

Le bestiaire de Jacques Barry ne se limite pas à la seule figure du rhinocéros qui est devenu presque indissociable du nom de l'artiste. L'ours y a une place prépondérante, tout comme la baleine, le manchot ou les poules. Il est toujours représenté de profil. Cet animal imposant porte en lui une certaine contradiction : les animaux les plus gros sont souvent les plus vulnérables (victimes du réchauffement climatique, de la chasse, du braconnage, de la déforestation, etc.). Jacques Barry considère l'ours comme une divinité de son enfance. Dans cette estampe, le fond a autant d'importance que la forme : il y a un dialogue entre l'abstraction du fond et la figuration de la forme. Sur un noir profond, la banquise semble être devenue une sorte de voie lactée, éclairée par l'esquisse d'une lune dans le coin supérieur droit. L'ours polaire occupe presque tout l'espace de la composition, montrant ainsi toute sa puissance et son envergure. Toutefois, nous pouvons y voir une part d'humanité en lui, celle qui l'habite alors qu'il dérive sur une banquise du Grand Nord.

Bibliographie :
Bernard Collet, Jacques Barry. Le maintien de l'ordre, Jean-Pierre Huguet éditeur, 2007.

JABA-017