FAVIER Philippe

FAVIER Philippe

Gravure, 2001, H. 33 x L. 25 cm
N° 22/26
Collection : GAC
Numéro d'inventaire : G-MS2016-39
Issue de la collection de Michel Sottet.

J'ai trop de succès, je suis déjà empruntée ! Bientôt de retour...

Philippe Favier est né en 1957 à Saint-Étienne. Distrait et rêveur, il quitte le lycée pour devenir infirmier psychiatrique, métier qu'il abandonne très vite pour entrer aux Beaux-Arts. L'élève rêveur qu'il était, devient alors un artiste surdoué. En 1984, il fut pensionnaire à la Villa Médicis à Rome. À la fois dessinateur, graveur, peintre, illustrateur, scénographe, Philippe Favier est un artiste inclassable qui a su rester fidèle à ses émotions d'enfant. Depuis 1980, il propose une version toute personnelle et contemporaine de l'art de la miniature. Minuscules figures découpées dans du papier et peintes, ou petites peintures sur émail et sur verre, ses oeuvres offrent une figuration extrêmement riche, souvent marquées par les danses macabres du xviie siècle et par le fantastique à la manière de Jérôme Bosch (1450-1516).

Cette oeuvre renvoie à la série de gravures intitulée « Abracadavra », née à partir d'anciennes plaques de cuivre ayant appartenu à un graveur de cartes de visite, chinées aux puces. Philippe Favier entremêle mots, rébus et figures, jouant ainsi sur les patronymes de ces inconnus aujourd'hui tous disparus pour en dégager tous les jeux de mots possibles et multiplier les références aux grands noms de sa mythologie personnelle. Le nom « Delvaney » devient alors simultanément Sonia Delaunay et Paul Delvaux. Ailleurs, il dégage les « Adam » et « Ève » présents dans l'indication « Madame Henri Chevelu ». « Fernand Aurelle » devient quant à lui Fernandel. Partout les squelettes grimacent et se répandent, sans oublier les animaux et les symboles, tous finement gravés au moyen d'une aiguille de gramophone.
En écho à cette série, Philippe Favier a réalisé une carte de visite pour Michel Sottet (galeriste) à l'occasion d'une exposition à la Galerie des Sept Collines à Vienne en 2001. L'espace est hanté par un squelette rampant sur les lettres, la tête en bas, toujours entre équilibre et chute. Petite, l'image révèle l'espace où elle apparaît, preuve non seulement de la grande virtuosité technique de l'artiste, mais aussi de la puissance d'évocation poétique dominant l'oeuvre.

PHFA-005