LE GAC Jean - Le Peintre blessé

LE GAC Jean - Le Peintre blessé

Sérigraphie, 2006, H. 49 x L. 56 cm
Editeur : Jean Villevieille
E. A. N° 4/10
Collection : GAC
Numéro d'inventaire : GV.2015.128
Issue du fonds Jean Villevieille, éditeur sérigraphe, Saint-Étienne.
J'ai trop de succès, je suis déjà empruntée ! Bientôt de retour...

Né en 1936, Jean Le Gac devient professeur de dessin et d'arts plastiques en 1958. Dans les années 1960, la quasi-disparition de la peinture traditionnelle remet en question son projet d'être artiste peintre. Ainsi, ne pouvant être ce peintre qu'il rêvait de devenir, Jean Le Gac va s'ouvrir à la modernité par un travail de deuil : il peindra non la chose, mais l'homme qui la produit en se mettant en scène comme le peintre du dimanche le doublant de la mise en situation d'un peintre mythique, objet perdu de son désir. Il utilise les murs d'expositions comme les pages d'un grand livre illustré. Son oeuvre entre peinture et littérature se construit dans la rencontre de genres dits mineurs : dessin, aquarelle, pastel et photographie sont associés à des textes qu'il écrit en empruntant le style des romans de séries.

Cette estampe fait partie de la série « Le Peintre ». Le désespoir d'un homme à qui l'on a refusé la Peinture se double d'un texte manuscrit dans lequel l'artiste nous parle de lui-même comme s'il était un autre : « Triste nouvelle ! On a remis les pinceaux entre les mains de notre malheureux artiste en espérant que Aucune réaction. C'est comme si l'Art n'avait jamais existé pour lui. Le docteur dit qu'il est trop tôt pour se prononcer x que ces cas d'amnésie, s'ils troublent la science, ne sont pas forcément désespérés. » Frappé d'amnésie, le peintre face au chevalet mythique de son enfance est assis devant nous, hébété, « pris » en images et en mots. Le texte dans l'oeuvre de Le Gac fonctionne en relation avec les images de façon complémentaire. Il n'y a, _entre les deux parties en présence, aucun effet ni arrangement esthétiques. Proche de l'esquisse ou du croquis _le trait reste souple et maîtrisé. Le travail de Jean Le Gac peut se lire comme une autoanalyse, mêlant fantasme et réalité.

Bibliographie :
Démosthènes Davvetas et Bernard Marcadé, Jean Le Gac : le peintre blessé, Paris, Galillée, coll. « Odyssée », 1988.
JELE-002