BARRY Jacques - Sans titre

BARRY Jacques - Sans titre

Sérigraphie, s. d., H. 50 x L. 70 cm
Editeur : Jean Villevieille
E. A.
Collection : GAC
Numéro d'inventaire : GD.2016.6
Don de M. Jacques Barry.

J'ai trop de succès, je suis déjà empruntée ! Bientôt de retour...

Jacques Barry, né en 1943, vit et travaille à Saint-Étienne (42) et Paris. De 1972 à 2006, il fut enseignant à l'école des Beaux-Arts de Saint-Étienne sans pour autant négliger son travail de peintre. L'oeuvre de Jacques Barry s'articule autour de signes très épurés s'approchant des pictogrammes (images simplifiées). Telle l'esquisse, cette peinture cherche à aller au plus simple, à la forme minimale mais suffisante pour être aisément reconnaissable par tous. Le geste et les coups de pinceau sont vifs. Jacques Barry oblige le spectateur à se demander si ce qu'il voit est bien ce qu'il voit. Préoccupé par des questions de forme avant tout, il recherche un langage direct avec une peinture sans fioritures, débarrassée du poids des « impératifs historiques(1) ».

Sur un fond blanc, les contours rouges de multiples personnages se dessinent. Au premier plan, les silhouettes caractéristiques de Barry ont les pieds bien ancrés au sol, sont stables. Puis, cette foule est envahie par un pêle-mêle d'objets (caddie, fusil, échelle), de figures (sirène, squelette, homme avec plusieurs paires de bras, etc.), etc. Cette estampe qui fait écho au « Mur du fond(2) » réalisé en juin 2012 rassemble toute l'iconographie traitée dans l'oeuvre de l'artiste : un langage qui lui est propre, constitué d'un alphabet de signes, de formes, de thèmes. S'agit-il du regard de l'artiste sur le monde ? D'un ensemble de souvenirs d'enfance ?

(1) Dès ses débuts, Jacques Barry se détache des courants majoritaires tels la Figuration narrative, Supports-Surfaces et B.M.P.T. Il aborde la peinture muni du seul désir de faire du neuf et de mettre en place son propre langage. Il ne veut être ni un « suiveur » ni un « suivi ». Il ne veut pas d'un sujet comme le nu qui participe encore à une tradition picturale.
(2) « Le mur du fond » est situé au dernier étage de l'usine Sainte-Marthe, cathédrale ouvrière désertée depuis 20 ans par l'industrie textile, aujourd'hui propriété de quatre artistes et d'un éditeur. La salle mesure 68 mètres de long, 10 mètres de large, 5,40 mètres de haut, la lumière du sud et du nord y entre par 25 fenêtres. De l'entrée de la salle, la perspective conduit le regard vers le mur du fond. C'est l'occasion de présenter l'oeuvre d'un artiste lors d'un rendez-vous.

Bibliographie :
Bernard Collet, Jacques Barry. Le maintien de l'ordre, Jean-Pierre Huguet éditeur, 2007.

JABA-007