RAYSSE Martial - Le Martyre des derniers Montagnards

RAYSSE Martial - Le Martyre des derniers Montagnards

Sérigraphie, 1989, H. 56 x L. 76 cm
Editeur : Atelier item - Paris
N° 14/100
Collection : État
Numéro d'inventaire : D-2006.1.55 / FNAC 89 272/
Dépôt du Centre national des arts plastiques. Dépôt du Département de l'Ardèche. Fait partie d'une série intitulée « Estampes et Révolution, 200 ans après », commande publique du Ministère français de la Culture à l'occasion du Bicentenaire de la Révolution française.
Disponible

Né en 1936, Martial Raysse est un peintre, sculpteur et réalisateur français visionnaire et en marge des courants artistiques dominants.Il privilégie dans un premier temps la technique de l'assemblage. Les objets de consommation deviennent ainsi, dès 1959, ses matériaux de prédilection. En 1960, Martial Raysse adhère au mouvement des Nouveaux Réalistes, créé par le critique Pierre Restany. Au début des années 1970, ses oeuvres témoignent d'une nouvelle dynamique de création. Dans la série « Coco Mato », qui marque ce tournant, Raysse privilégie fragilité, intimisme, simplicité du travail à travers de petits objets. En 1973, il renoue avec le dessin créant la série « Loco Bello » qui montre un univers naturel peuplé d'apparitions, de visages et de masques. Il se fait alors le défenseur de la peinture, à un moment où l'on pronostiquait la mort de cette pratique, cherchant à atteindre une simplicité aux allures naïves.

À la façon d'un peintre d'histoire, Martial Raysse choisit de traiter l'un des épisodes de la Révolution française : Le Martyre des derniers Montagnards, 1795. Exacerbée par la crise sociale, la famine et le chômage, le peuple s'insurge et envahit la salle de la Convention le 1er prairial an III (20 mai 1795), réclamant « du pain et la Constitution de 1793 » jamais appliquée. Les derniers Montagnards appuient et organisent les revendications des insurgés. Quelques jours plus tard, six d'entre eux sont condamnés à mort. Martial Raysse représentent Romme, Goujon, Duquesnoy, Bourbotte, Duroy et Soubrany dans la chambre où se faisait la toilette des condamnés : ils sont encore libres de leurs mouvements. Goujon saisit alors le couteau qu'il cachait et se l'enfonce dans le coeur. Il git au premier plan. Ses camardes feront le même geste. Raysse utilise ici le dessin et la couleur pour définir l'espace de la composition en laissant en blanc des zones entières du papier. Le style du trait peut s'apparenter à l'imagerie d'Épinal.

Bibliographie :
Estampes et Révolution, 200 ans après, cat. exp. Centre national des arts plastiques, 27 juin-27 août 1989, ministère _de la Culture et de la Communication, 1989, p. 124-125.
MARA-001