VIALLAT Claude

VIALLAT Claude

Lithographie, 2013, H. 59 x L. 80 cm
Editeur : Greenhouse, sculpsit Philippe Louisgrand
N° 8/18
Collection : GAC
Numéro d'inventaire : 2014.12.24
Collection issue de l'exposition de la Manufacture de Saint-Étienne.
J'ai trop de succès, je suis déjà empruntée ! Bientôt de retour...

Claude Viallat est un peintre né à Nîmes en 1936. Il a étudié à l'école des Beaux-Arts de Montpellier de 1955 à 1959 où il a parfait son apprentissage du dessin académique. À son retour d'Algérie, où il effectue son service militaire, Claude Viallat complète sa formation à l'École des beaux-arts de Paris en 1962-1963 (dans l'atelier de Raymond Legueult). Il étudie alors la peinture américaine à travers des artistes comme Robert Rauschenberg, Kenneth Noland, Morris Louis et est fasciné par l'accent porté sur les propriétés matérielles de la peinture. En 1966, lorsqu'il visite l'exposition Vingt ans d'art contemporain à la Fondation Maeght (Saint-Paul-de-Vence), il plonge dans un profond trouble découvrant que toute la peinture qu'il pratique alors se trouve déjà sur les murs, mais faite par d'autres et mieux. C'est ainsi qu'il remet en cause son travail et le système formel de l'artiste encore utilisé aujourd'hui va voir le jour. Se souvenant de certaines pratiques typiquement méridionales les cuisines blanchies à l'aide d'une éponge trempée dans de la chaux bleue , Viallat crée la fameuse forme (éponge ou haricot) dans une plaque de mousse et l'applique directement sur la toile. Son travail s'oriente vers une peinture abstraite, travaillée au sol, engageant le corps. Au lendemain de mai 1968, Claude Viallat devient l'un des membres fondateurs du mouvement Support(s)/Surface(s), où la peinture ne doit plus révéler un message, mais doit exister en tant que _telle : la toile, le pigment et la forme. Alors, le renoncement au châssis et à la toile tendue entend signer la fin du tableau tel qu'il a existé depuis la Renaissance dans la peinture occidentale.

Claude Viallat a fait le choix d'une variation sur une même forme à la fois reconnaissable et difficilement définissable, ni organique ni géométrique. Renonçant au châssis, l'artiste change de support aussi souvent qu'il ne varie pas de motif. C'est alors la matière du support imprégné qui donne à la forme, en fonction de son tissage, de sa texture, un contour plus ou moins net, une intensité de ton plus ou moins forte. Pour cette lithographie, réalisée en collaboration avec Philippe Louisgrand, un rideau de dentelle crée le fond. La « forme Viallat » s'est répandue sur le textile et est retracée par un cerne noir. L'empreinte de l'e_ponge n'est pas entie_re permettant non seulement au regard d'imaginer la suite de l'oeuvre, mais aussi de comprendre que la forme peut être reproduite sans limite, à l'infini. Ce qui change, ce sont uniquement les formats, les couleurs, le support. Comme souvent dans ses oeuvres, l'artiste développe un fantastique talent pour la couleur qui l'impose comme l'un des grands coloristes de l'histoire de la peinture occidentale.

Bibliographie
Michel Hilaire (sous la dir. de), Viallat. Une rétrospective, cat. exp. Musée Fabre, Paris, Somogy éditions d'art, 2014.
CLVI-016