Benjamin HOCHART - Sigmar

Série « If I Can’t Dance… »
Lithographie, cliché plomb sur vélin de Rives,
xylographie, 2019, H. 60 × L. 44 cm
N°11/20 exemplaires
Éditeur : Production URDLA, Villeurbanne / FNAGP, Paris
Collection : Ville d’Annonay
Numéro d'inventaire : M-2019-02

J'ai trop de succès, je suis déjà empruntée ! Bientôt de retour...

Né en 1982, Benjamin Hochart est un artiste français, diplômé des Beaux-Arts de Lyon, puis de Paris. Il expérimente de multiples supports et processus (dessin, sculpture, installation, vidéo, performance, édition…) sur le modèle d’un grand collage. Son travail par série vise à multiplier les tentatives et possibilités de lectures, tout en épuisant les systèmes, dans un geste à la fois poétique et politique. Il revendique les influences des arts populaires et folkloriques, de l’art brut, la bande dessinée et la science-fiction, des pratiques textiles diverses et des arts premiers.

 

 

Chaque estampe de la série « If I Can’t Dance… » est composée de plusieurs niveaux de motifs. D’abord, une planche encyclopédique illustre la flore d’Indochine, rehaussée par des touches de couleur jaune et vert acide. Trois formes de haricot – un motif repris de l’œuvre Bohnen (1965) de Sigmar Polke (1941-2010) – viennent ponctuer la composition. Cet emprunt met en avant l’œuvre de l’artiste allemand qui par le biais de la critique et de la satire dénonce le matérialisme contemporain.

Le titre de cette série, quant à lui, fait référence à la célèbre phrase attribuée à l’anarchiste féministe Emma Goldman (1869-1940) : « Si je ne peux pas danser à la révolution, je n’irai pas à la révolution. » Ces mots synthétisent sa pensée.

Née en 1869 dans l’Empire russe, Emma Goldman émigre aux États-Unis à seize ans et y devient anarchiste et féministe. Très tôt, elle est considérée comme la femme la plus dangereuse d’Amérique. Ses positions sur la violence anarchiste, sa défense de la contraception et de l’amour libre, sa condamnation de la guerre et du patriotisme en font l’ennemie des autorités.

Privée de sa citoyenneté américaine, elle est déportée en Union soviétique en 1919. L’espoir qu’elle mettait dans la révolution est bien vite déçu, dénonçant alors l’autoritarisme du régime bolchevique. Pendant les vingt dernières années de sa vie, elle erre, « femme sans pays », sans jamais renoncer à son engagement.

« Je veux la liberté, écrivait-elle, je veux que chacun ait le droit de s’exprimer et que chacun ait accès aux choses belles et radieuses. »

 

Le foisonnement de ces végétaux, associé aux formes de Sigmar Polke, nous interroge sur le devenir de cette flore, dont la plupart sont menacées, voire déjà éteintes. Sigmar révèle un engagement fort.

 

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